
Le coeur en peine
Abonnez-vous au journal Le Goglu pour suivre avec nous les épisodes de « Popeline » dans ses aventures au fil de ce feuilleton qui sera présenté périodiquement.
[Présentation]
Adrien Arcand (1899-1967) est connu pour ses idées politiques mais il était aussi un écrivain, qui a laissé quelques œuvres littéraires, dont la principale est Popeline ou le Coeur en peine, un roman publié en feuilleton dans l’hebdomadaire humoristique Le Goglu entre 1929 et 1933. Ce roman est d’un grand intérêt historique car il constitue l’un des premiers textes littéraires écrits en joual, le français argotique parlé dans la région de Montréal. Arcand y met en scène les aventures de sa jeune et jolie héroïne, Popeline Dubois, pour porter un regard sur l’actualité et distiller au fil des épisodes son idéologie politique.
Le roman est écrit dans un style populaire et humoristique, qui fait appel au joual, au langage familier et aux expressions imagées. Arcand utilise le joual comme un moyen d’expression authentique et vivant, qui reflète l’identité et la culture du peuple canadien-français. Il se moque des anglicismes, des néologismes et des barbarismes qui envahissent la langue française. Il critique aussi les prétentions littéraires et culturelles de certains intellectuels et artistes, qu’il juge snobs et pédants.
Le roman est truffé de références à l’actualité politique, sociale et religieuse de l’époque. Arcand y exprime ses opinions sur divers sujets, comme la crise économique, la montée du fascisme en Europe, la question des minorités nationales au Canada, la place de la femme dans la société, le rôle de l’Église catholique, etc. Il y fait aussi l’éloge de ses modèles et de ses amis, comme Maurice Duplessis, Lionel Groulx, Joseph Ménard, etc. Il y attaque aussi ses adversaires et ses ennemis, comme Mackenzie King, Louis-Alexandre Taschereau, Henri Bourassa, etc.
Le roman est donc à la fois une œuvre littéraire et un manifeste politique, qui témoigne de la personnalité complexe et controversée d’Adrien Arcand.
Popeline ou le Coeur en peine est un roman méconnu du public canadien-français, qui mérite d’être redécouvert pour sa valeur historique et littéraire. Il révèle un aspect moins connu d’Adrien Arcand, celui d’un écrivain talentueux et original, qui a su créer un personnage attachant et une intrigue captivante. Il montre aussi un aspect plus connu d’Adrien Arcand qui a su utiliser son roman comme un vecteur de ses idées politiques et religieuses. Il constitue donc une source précieuse pour comprendre la pensée et l’action d’Adrien Arcand, ainsi que le contexte historique dans lequel il a vécu.
Découvrez le génie littéraire d’Adrien Arcand à travers les aventures de « Popeline » : un voyage dans l’âme du nationalisme canadien-français.
Adrien Arcand, reconnu pour son rôle de rédacteur en chef du journal « Le Goglu« , a profondément marqué l’histoire du Canada par ses écrits engagés et provocateurs. Il a utilisé son talent d’écrivain et son esprit critique afin de promouvoir les intérêts de la communauté canadienne-française et de défendre ses valeurs culturelles et nationales.
« Popeline » occupe une place spéciale parmi les œuvres d’Arcand, car elle est considérée comme le premier roman en joual de l’histoire littéraire québécoise. Publié dans les pages du journal « Le Goglu« , ce roman capture l’essence même de la langue populaire canadienne-française et offre une voix authentique aux personnages de la classe ouvrière.
Grâce à sa plume acérée et à son utilisation du langage joual, Arcand a donné naissance à une œuvre puissante qui défie les stéréotypes linguistiques et élève le joual au rang de langue littéraire à part entière. « Popeline » est une célébration de la culture et de l’identité canadiennes-françaises, mettant en lumière la richesse, l’humour et la vitalité de cette langue souvent négligée.
Le contexte de publication de « Popeline » dans les pages du journal « Le Goglu » ajoute une dimension historique significative à cette œuvre. Le Goglu, célèbre pour ses satires politiques et ses critiques sociales, était un bastion de la pensée nationaliste dans le pays. En partageant « Popeline » en feuilletons, Arcand a créé une expérience littéraire captivante qui suscitait l’enthousiasme des lecteurs à chaque nouvel épisode.
Ce roman, entrelacé des thèmes nationaux, explore en profondeur les réalités et les aspirations de la communauté canadienne-française à une époque marquée par des luttes identitaires et politiques. Arcand offre un regard critique sur la société canadienne de l’époque, tout en mettant en valeur le patrimoine culturel des francophones.

À travers « Popeline« , nous avons l’opportunité de plonger dans l’univers complexe et captivant d’Adrien Arcand, d’explorer les enjeux nationaux qui ont animé le Canada français du XXe siècle et de mieux comprendre le rôle fondamental du journal « Le Goglu » dans la promotion de la pensée nationaliste.
Ce livre est bien plus qu’un roman en joual. C’est une œuvre littéraire qui incarne le nationalisme canadien-français, exaltant l’identité et la culture d’une communauté tout en dénonçant les injustices sociales. C’est une invitation à découvrir l’héritage riche et diversifié de la littérature canadienne-française, en embrassant la langue et la fierté de tout un peuple emporter par la prose captivante et l’engagement indéniable d’Adrien Arcand envers la cause de son peuple canadien-français.

Ravivez les braises : Popeline et le feu sacré du nationalisme Canadien-Français.
Chers amis, gardien de la flamme nationaliste,
Je vous propose aujourd’hui de remonter avec moi le fil du temps pour découvrir et pour suivre « Popeline » alors qu’elle arpente les rues animées du Canada français du XXe siècle.
Popeline, jeune femme audacieuse et passionnée, incarne l’énergie et la détermination des Canadiens français de l’époque. À travers ses aventures, nous découvrons les luttes et les aspirations d’une communauté cherchant à préserver son identité culturelle dans un contexte de bouleversements sociaux et politiques.
Plongée au cœur de l’époque, parsemée de soubresauts politiques et sociaux, Popeline nous fait voyager dans les rues animées des quartiers francophones, à travers les chansons, les fêtes traditionnelles et les débats enflammés des cafés. C’est une époque où le nationalisme canadien-français brûle intensément, alimenté par la fierté de la langue, de la culture et de l’héritage francophones.
Dans ce décor vibrant, Popeline incarne le désir ardent de défendre sa culture et de se faire entendre dans une époque où l’assimilation culturelle menace. Son voyage nous conduit à travers des rencontres marquantes avec des personnages colorés, nous offrant des moments de tendresse, de rire et d’émotion qui nous transportent au cœur même de la vie de la communauté canadienne-française.
À travers les aventures de Popeline, nous découvrons également des réflexions profondes sur l’identité, la résilience et la nécessité de défendre nos racines face aux forces qui cherchent à les effacer.
C’est une invitation à nous plonger dans le passé et à ressentir l’essence de l’époque où les Canadiens français luttaient pour préserver leur héritage culturel unique.
Préparez-vous à être captivés par les péripéties de « Popeline« , à être emporté par les émotions et la richesse de cette aventure qui célèbre l’essence même du nationalisme canadien-français.
Que l’histoire de Popeline vous guide et vous inspire, alors que vous explorerez avec elle, les horizons du passé et découvrerez les trésors de notre héritage.
Bienvenue dans l’univers merveilleux de « Popeline« .

PRÉFACE
Nous connaissons bien Adrien Arcand le journaliste et le politicien qui a l’an dernier a bénéficié d’un regain d’intérêt plus que mérité alors que l’on célébrait le cinquantième anniversaire du décès de celui qu’une presse hostile avait qualifié de « Führer canadien ».
Par contre, le Arcand romancier était à ce jour quasiment voire totalement, inconnu et cela même de la part ceux qui ont côtoyé « l’ogre de Lanoraie» dans l’après-guerre. Son unique roman, Popeline, n’avait jusqu’à ce jour jamais été publié en tant que tel et n’existait que dans les pages jaunies du Goglu, premier journal lancé par Arcand. Il ne serait jamais sorti de cet oubli si ce n’avait été du travail acharné de ceux qui rendent aujourd’hui cette publication possible. Extraire et retranscrire à partir des originaux et de microfilms un roman de plus de 400 pages, c’est un travail de moine pour lequel l’amateur de littérature ou d’histoire ne peut qu’être reconnaissant.
En effet, le jeu en vaut la chandelle. Ce roman, qui prend des tonalités céliniennes de par l’usage constant du joual, argot typiquement québécois, dans les dialogues nous donne une photographie de la vie à Montréal au début du siècle alors que la littérature québécoise de cette époque s’intéressait plutôt à la vie calme, enracinée et pieuse des campagnes. En plus de cet intérêt ethno graphique certain, ce roman de moeurs nous donne un angle de vue des plus originaux pour mieux saisir l’évolution de la pensée d’Arcand dans la période s’étalant de 1929 à 1933, un moment décisif de sa vie.
Écrivant au fur et à mesure, il ne suit pas de scénario fixe, mettant plutôt son quotidien en scène lorsqu’il manque d’inspiration et se servant des dialogues et des péripéties pour commenter l’actualité et diffuser une pensée politique qui se précise justement à cette période.
Pour simple rappel, avant son renvoi de la Presse pour des raisons syndicales et la fondation du Goglu, Arcand était un journaliste respecté et apprécié qui fréquentait les grands noms des lettres et des arts et c’est avec cette publication qu’il devint engagé politiquement, s’intéressant de plus en plus au nationalisme et à la question juive, jusqu’à fonder un parti fasciste canadien, le Parti national social chrétien, en février 1934, soit un peu moins d’un an après la parution du dernier numéro du Goglu.
Ces thèmes justement on les voit apparaître dans Popeline, puis devenir de plus en plus présents. Alors qu’au début, le roman feuilleton signé Émile Goglu prend les allures d’un vaudeville avec des pointes décochées ici et là envers quelques ennemis politiques ciblés comme le ministre Léonide Perron ou le vice premier ministre Anathase David, la dénonciation s’étend rapidement à la politique en général, à quelques exceptions près comme Richard Bennett pour lequel il milite un certain temps et qu’il épargne dans le feuilleton. Ce n’est pas un parti en soi qui est problématique, mais le patronage, la corruption, l’incapacité d’apporter des solutions concrètes; des traits intrinsèquement liés au régime parlementaire selon lui. Qu’importe que le ”tyran” soit rouge ou houdiste, la politique s’apparente sous sa plume au grand banditisme: on se sert, mais on ne sert jamais les intérêts du peuple qui n’est bon qu’à payer pour les bien nantis de ce monde.
On constate une évolution relativement semblable avec la question juive. Arcand ne s’était jamais intéressé à cette question avant que Monseigneur Georges Gauthier ne lui demande en mai 1930 de s’investir contre la création d’écoles neutres, un projet émanant de la communauté juive. Ce premier combat politique marquera un tournant majeur dans sa pensée, la question juive devenant un élément clef de sa réflexion subséquente. Alors qu’ils sont absents des premiers feuillets, les Juifs, fort caricaturaux sous la plume d’un Émile Goglu satyrique, apparaissent dans le feuilleton au printemps 1930 et reviendront régulièrement. Passant outre certaines péripéties dignes de Ionesco, Arcand dénonce leur emprise dans différents domaines, notamment la politique et le commerce, mais aussi au sein du mouvement communiste qui prend tant bien que mal racine en Amérique. Il les associe également aux vices, à l’avilissement des mœurs et ultimement à la perte de nos traditions. Comme pour plusieurs commentateurs de son époque, Arcand met en lumière leur communautarisme qu’il aimerait voir être émulé par les ”Canayens”.
La campagne ”Achat chez nous” qui vise à favoriser le commerce avec les Canadiens français plutôt qu’avec les étrangers se répercute d’ailleurs dans quelques scènes du feuilleton, les héros du roman adhérant volontiers à cette philosophie nationaliste. Les ”Canayens” mis en scène par Arcand sont tous animés d’une solidarité ethnique qui finalement n’a existé que dans l’imagination du romancier. Les commerces juifs n’ont non seulement pas disparu faute de clients, mais dans bien des cas, ils ont remplacé les commerces locaux auxquels ils faisaient concurrence. Il en est d’ailleurs conscient, car aussi paradoxal que cela puisse paraître, même s’il prête un ethnocentrisme affirmé aux différents protagonistes, il n’y croit pas trop et espère que les » Canayens vont (…) s’réveiller un jour et faire un clinoppe de tous les sans-cœurs qui nous vendent aux Juifs » (p. 142).
Les dénonciations du parlementarisme et de l’influence juive ne sont pas à cette époque une exclusivité d’Arcand, par contre celui-ci refuse le cynisme et plutôt que de se cantonner dans de stériles oppositions, il en viendra à proposer un modèle alternatif basé sur la doctrine sociale de l’Église dont l’Ordre patriotique des Goglus, souvent mentionné dans le texte, représente la genèse. On le sait, une fois la page des Goglus tournée, ce sera le chapitre du fascisme chrétien canadien qui s’ouvrira.
Il faut tout de même noter que la pensée arcandiste continuera à évoluer par la suite et ne se figera pas. On retrouve dans les pages de Popeline une certaine anglophobie et un certain désir de s’émanciper de Londres. Ces sentiments seront tempérés par la suite, Arcand espérant construire un mouvement d’amitié avec les Canadiens anglais, un mouvement qui reconnaît les bienfaits de l’Empire britannique qu’il ne souhaite non pas rejeter, mais réformer pour donner davantage de libertés et de respect au Canada.
Un autre point qu’il faut souligner dans la lecture de Popeline c’est qu’Arcand y dénonce l’aspect cosmopolite que la ville de Montréal, « deuxième ville française du monde », est en train de prendre avec l’immigration qui est alors, faut-il le rappeler, fort limitée si on la compare aux chiffres actuels. Quel constat ferait-il aujourd’hui alors que le français a complètement disparu de certains quartiers et que les minorités visibles représentent plus du tiers des habitants et plus de la moitié des écoliers ?
Rémi Tremblay
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